août 06, 2005
Myasthenie
- La myasthénie est une maladie de la jonction neuromusculaire se caractérisant par un bloc
de la transmission neuromusculaire post-synaptique, du à la présence d’anticorps antirécepteurs
à l’acétylcholine.
- C’est donc une affection acquise, d’origine auto-immune
- Sa prévalence est de 43 à 64 par million d’habitants. Elle est plus fréquente chez la femme
entre 20 et 30 ans et touche autant l’homme que la femme après 50 ans. Mais elle peut
survenir à tous les âges.
- La plupart des cas sont sporadiques.
1) LE DIAGNOSTIC CLINIQUE
- Cette affection se caractérise par une fatigabilité anormale, liée à la répétition du mouvement,
cédant à l’arrêt de celui-ci et disparaissant sous l’effet d’un traitement anticholinestérasique ( en
particulier la Prostigmine par voie sous-cutanée).
- Tous les territoires musculaires peuvent être touchés par la fatigabilité en particulier les muscles
oculo-moteurs (ptosis, diplopie), les muscles d’innervation bulbaire (troubles de la déglutition, de la
phonation, de la mastication et de la motricité linguale), les muscles de la racine des membres
supérieurs et inférieurs, les muscles cervicaux postérieurs (chute de la tête en avant). L’atteinte de
la musculature respiratoire, responsable parfois d’insuffisance respiratoire aiguë, peut mettre en jeu
le pronostic vital.
- La principale caractéristique de cette symptomatologie est d’être fluctuante, ce qui peut faire
parfois errer le diagnostic.
- L’examen clinique peut faire apparaître le phénomène myasthénique en utilisant des tests de
répétition des mouvements comme celui de l’abduction répétée des bras, de l’accroupissement ou
de l’occlusion des paupières. Le déficit peut apparaître dans le territoire musculaire mis en action
au cours de l’effort, mais également à distance de celui-ci.
- L’évolution est prolongée, faite le plus souvent d’une succession de poussées et de
rémissions, difficile à schématiser et à prévoir.
2) LA CONFIRMATION DU DIAGNOSTIC
Le diagnostic déjà évoqué sur le plan clinique, tant la symptomatologie est caractéristique, peut être
confirmé :
- par un test à la Prostigmine : une injection d’1mg de Prostigmine par voie sous-cutanée fait
disparaître la fatigabilité anormale,
- par une étude du taux des anticorps anti-récepteurs à l’acétylcholine. Il faut toutefois savoir
que plus de 10 % des patients sont séronégatifs et que dans les formes oculaires pures, la
séronégativité se retrouve chez plus de 40 % des patients.
- par la réalisation d’explorations électro-physiologiques :
o l’épreuve de stimulation répétitive (3c/s) des nerfs périphériques , met en évidenceun décrément caractéristique de l’affection. Elle peut être réalisée au niveau du nerf
cubital (recueil au niveau du muscle abducteur de l’auriculaire), du spinal (recueil
au niveau du trapèze) ou du nerf facial. L’ischémie peut sensibiliser les résultats de
cette épreuve ;
o l’électromyographie de fibre unique
Le diagnostic de myasthénie étant posé, il faut alors réaliser une exploration scanographique du
médiastin antérieur, à la recherche d’une pathologie thymique. En effet, le thymus est anormal dans
plus de 80 % des cas de myasthénie. Dans la moitié de ces cas, le thymus est le siège d’une tumeur
de type thymome, qui va conditionner le pronostic à court terme. Ce thymome peut être bénin ou
malin, et la thymectomie est indispensable pour en préciser la nature. Ailleurs le thymus est le siège
d’une simple hyperplasie (thymus macroscopiquement normal mais caractérisé par la prolifération
de follicules germinatifs à centres clairs).
3) LE TRAITEMENT
Le traitement symptomatique repose sur les anticholinestérasiques : néostigmine (Prostigmine),pyridostigmine (Mestinon), ambeninium (Mytelase). Ces produits doivent être instaurés de
manière progressive. Il faut prendre garde aux surdosages : risque de crise cholinergique
(fasciculations abondantes, diarrhées, hypersalivation, sudation, larmoiement, myosis, bradycardie,
mais parfois aussi déficit moteur accru et troubles respiratoires qui peuvent poser un diagnostic
différentiel avec une crise myasthénique).
- Si l’examen scanographique met en évidence une tumeur thymique, il faut réaliser une
thymectomie quelle que soit l’intensité des symptômes du patient, car la tumeur thymique, si elleest rarement maligne, va progresser, rompre la capsule thymique et envahir les organes de
voisinage, en particulier plèvre, péricarde. Si la capsule thymique est envahie, il sera indispensable
de réaliser une radiothérapie, associée ou non à une chimiothérapie.
- En l’absence de thymome, il conviendra dans un premier temps de suivre l’évolution de la
symptomatologie, sous l’effet des anticholinestérasiques. Si la réponse aux anticholinestérasiques
n’était pas suffisante, il faudrait alors envisager avec le patient diverses possibilités thérapeutiques :
- les immunoglobulines ou les plasmaphérèses, qui sont des traitements symptomatiques quipermettent au patient de passer le cap difficile des poussées de la maladie et dans les
formes débutantes, d’essayer d’éviter le passage à la chronicité de l’affection
- une exploration de principe de la loge thymique à la recherche d’une hyperplasiethymique formée de centres germinatifs clairs, sera licite chez le sujet jeune si la
symptomatologie reste invalidante pour le patient. La thymectomie a, dans 30 à 40 % de
ces cas cas, un effet favorable sur la symptomatologie.
- en cas d’échec de la thymectomie et des traitements symptomatiques (plasmaphérèses,
immunoglobulines) la mise en route d’un traitement par corticoïdes devra être envisagée etaugmenté jusqu’à 1 mg/kg. IL n’est pas rare que s’installe une corticodépendance. Si la
corticothérapie se révélait insuffisamment efficace, l’adjonction d’un traitement par Imurel2 à 3 mg/kg pourrait alors être envisagée.- chez le sujet plus âgé, la corticothérapie est envisagée en première intention en cas
d’absence de réponse aux anticholinestérasiques..
Diagnostic de myasthénie posé
? mise en route d’un traitement par anticholinestérasiques
? Scanner du thymus
Thymome è thymectomie ± radiothérapieAbsence de thymome è Immunoglobulines ou plasmaphérèseRéponse négative
è thymectomie de principe et/oucorticothérapie et immunosuppresseurs de type
Imurel en fonction de l’âge du patient
Certains médicaments sont susceptibles d’altérer la transmission neuro-musculaire et sont
contre-indiqués dans la myasthénie :
- benzodiazépines, tétracyclines, phénothiazines, morphine, triméthapha, triméthadone,
hydantoïnes, aminosides, lidocaïne, procaïnamide, quinidine, béta-bloquants, sels de
lithium, chloroquine, antagonistes calciques, carnitine, lactate de sodium, lincomycine,
polymyxine, Dpénicillamine
4) FORMES CLINIQUES
- myasthénie et maladies auto-immunes : des associations à d’autres maladies auto immunes
sont présentes dans environ 4% des cas (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux
disséminé, anémie de Biermer….) ; une affection thyroïdienne se retrouve dans 13% des
cas)
- myasthénie et thymus : l’association à une anomalie thymique est fréquente : hyperplasie
thymique (65 % des cas) ou thymome bénin ou malin
- myasthénie séro-négative : l’absence d’anticorps anti-récepteur à l’acethyl choline ne
permet pas d’exclure le diagnostic de myasthénie. 10% des myasthénies sont séronégatives.
- myasthénie oculaire : certaines myasthénies restent limitées aux muscles oculo-moteurs (
ptosis, diplopie)
- myasthénie néonatale : survient chez 10 à 25 % des enfants de mère myasthénique. Les
symptômes se manifestent dans les premières heures de la vie et se prolongent 2 à 3
semaines . Elle est liée au passage des anticorps de la mère vers le foetus. Les signes
disparaissent parallèlement à la disparition de ces anticorps.
22:44 Publié dans _NEURO-chir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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