août 17, 2005

Dilatation Des Bronches



Dilatations de bronches (ou bronchectasies)
Les dilatations de bronches constituent une maladie chronique dont la fréquence est mal estimée car souvent confondue avec la bronchite chronique.
Il s'agit d'une maladie caractérisée par une augmentation permanente et irréversible du diamètre des bronches responsable de lésions inflammatoires de la paroi bronchique. Les bronches prennent l'aspect de varices tortueuses (dilatations de bronches variqueuses) ou de petits sacs (dilatations de bronches kystiques). Le tapis muco-ciliaire responsable du nettoyage bronchique est ainsi altéré et les glandes sécrètent une grande quantité de mucus. Les anomalies aboutissent à un encombrement bronchique permanent. L'inflammation bronchique s'accompagne d'une augmentation du nombre des vaisseaux bronchiques dont les parois sont fragilisées et risquent de saigner.
Quels sont les signes cliniques de dilatations de bronches ?
Il s'agit d'une toux ramenant une expectoration quotidienne, matinale, évoluant depuis plusieurs années, d'abondance variable selon l'étendue des lésions (quelques millilitres à plusieurs centaines de millilitres par jour). Les sécrétions bronchiques sont claires ou colorées (jaunes ou vertes) en fonction de l'état de surinfection. Habituellement, ces sécrétions sont sans odeur.
Parfois, les sécrétions peuvent être striées de sang ou constituées de sang pur.
Un essoufflement peut être présent. Son importance dépend de l'étendue des lésions.
En dehors des poussées de surinfection, il n'y a ni fièvre, ni amaigrissement, ni perte de l'appétit, ni fatigue.
A l'auscultation, le médecin peut entendre des bruits anormaux (râles bronchiques ou sous-crépitants), correspondant à la présence de sécrétions dans les bronches dilatées.
Une déformation caractéristique des doigts peut se voir de façon inconstante (renflement de la 3ème phalange en baguette de tambour) ; c'est l'hippocratisme digital.
Tous ces signes sont inconstants et la maladie peut être tout à fait silencieuse.

Comment fait-on le diagnostic ?
La maladie peut être évoquée devant les signes cliniques décrits plus haut ou devant des infections broncho-pulmonaires récidivantes.
Par des examens radiologiques : la radiographie du thorax peut être normale lors des atteintes modérées ou montrer les anomalies plus ou moins évocatrices. Le médecin peut alors demander un scanner du thorax qui montrera les lésions de dilatations de bronches et leur étendue (un ou plusieurs lobes pulmonaires, un poumon ou deux poumons atteints).
Une fibroscopie bronchique peut être demandée pour rechercher une cause à l'intérieur de la bronche (corps étranger inhalé par exemple), permettre une analyse bactériologique des sécrétions, préciser la provenance d'un saignement.
Le médecin peut également demander une exploration fonctionnelle respiratoire, examen indolore qui mesure le souffle et donc le retentissement de la maladie sur les capacités respiratoires.
Une analyse des crachats peut être demandée à la recherche de germes particuliers.
La recherche de foyers infectieux dentaires (radio panoramique dentaire) et sinusiens (consultation auprès d'un ORL parfois avec radio des sinus) est systématique.


Quelles sont les causes des dilatations de bronches ?
Les infections respiratoires basses (bronchites et/ou pneumonies) de la petite enfance. Certaines sont graves (coqueluche, rougeole, infection grave à VRS) d'autres sont bénignes (la plupart des infections virales) mais répétées. Elles peuvent donner des dilatations de bronches diffuses ou localisées.
La tuberculose peut évoluer favorablement mais laisser un foyer de dilatations de bronches localisé au territoire initialement atteint.
Un corps étranger passé inaperçu ou une tumeur bronchique bénigne peuvent, au bout de quelques mois, donner un tableau d'infections récidivantes dans le même territoire par formation de dilatations de bronches localisées.
Quelques maladies rares malformatives comme
- la maladie des cils immobiles avec infections respiratoires, dilatations de bronches, stérilité masculine par anomalie de constitution des cils, ou
- les déficits en anticorps.
Quelques maladies génétiques dont la plus fréquente est la mucoviscidose
Les dilatations de bronches peuvent également être associées à certaines maladies dites systémiques c'est à dire atteignant plusieurs organes comme la polyarthrite rhumatoïde et d'autres maladies immunitaires.


Quelle est l'évolution ?
Dans les formes localisées, l'évolution est habituellement simple et bénigne. Les surinfections sont rares et bien tolérées.
Dans les formes diffuses, les surinfections sont plus fréquentes. Les bactéries habituellement retrouvées sont Haemophilus influenzae, Pneumocoque, Staphylocoque doré ; il faut cependant se méfier de Pseudomonas aeruginosa (ou bacille pyocyanique) qui survient plus tardivement dans l'évolution et marque un tournant évolutif dans la gravité de la maladie ; c'est la raison pour laquelle une analyse des crachats doit être demandée en cas de surinfection. La présence de ce germe peut justifier la prescription de deux antibiotiques par voie veineuse. La surinfection peut se faire sous la forme d'une pneumonie ou d'un abcès pulmonaire.
Des hémorragies bronchiques (hémoptysies) de faible abondance mais répétées ou graves peuvent émailler l'évolution.
Dans les formes diffuses très évoluées, une insuffisance respiratoire nécessitant un apport en oxygène peut survenir.


Quel est le traitement des dilatations de bronches ?
Le traitement est avant tout préventif. Il faut arrêter le tabac, traiter tous les foyers infectieux potentiels dentaires ou sinusiens. Il faut prévenir les infections respiratoires par la vaccination anti-grippale et anti-pneumococcique.
Le traitement repose essentiellement sur la kinésithérapie respiratoire de drainage bronchique associée à un apport quotidien en eau suffisant (au moins 2 litres par 24h). Ceci permet de fluidifier et d'évacuer au mieux les sécrétions quotidiennement. Ce drainage bronchique doit être fait au début avec l'aide d'un kinésithérapeute (apprentissage), puis, au mieux, réalisé par le patient seul quotidiennement et définitivement.
La prescription de fluidifiants bronchiques peut faciliter l'évacuation du mucus.
Il n'y a pas d'indication à prendre des antibiotiques au long cours. Ceux-ci ne sont indiqués qu'en cas de surinfection et seront adaptés au germe retrouvé ou suspecté.
Une ablation chirurgicale d'un territoire malade peut (rarement) être proposée dans les dilatations de bronches localisées ou dans les dilatations de bronches diffuses compliquées.
En cas d'hémorragie bronchique grave, une embolisation artérielle bronchique (obturation du vaisseau responsable du saignement par des microbilles) pourra être proposée.

05:08 Publié dans _PNEUMO | Lien permanent | Commentaires (0)

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