septembre 17, 2005

MAL DE POTT

 
 
 
 
    Introduction  
Actuellement en recrudescence, maladie infectieuse du tissu osseux correspondant à une tuberculose des disques intervertébraux (disques cartilagineux situés entre chaque vertèbre, facilitant et amortissant les mouvements de la colonne vertébrale) qui aboutit classiquement (quand il n'est pas traité) à une destruction de cet élément et de la vertèbre sus-jacente (située au-dessus) et sous-jacente (située en dessous) : la spondylodiscite. Cette pathologie touche essentiellement les Africains immigrés et débute à n'importe quel niveau du rachis (colonne vertébrale). L'infection débute par le disque, puis s'étend à la vertèbre elle-même.
    Épidémiologie  
Quant il survient dans les pays occidentaux, le mal de Pott touche essentiellement les personnes âgées et celles présentant un déficit immunitaire ou encore les sujets ayant des antécédents tuberculeux.

La tuberculose jusque-là latente (endormie) depuis longtemps, peut se réveiller au niveau d'un ganglion lymphatique situé au niveau du médiastin (zone comprise entre les deux poumons et contenant le cœur) essentiellement. Il peut alors se produire une propagation de l'infection par le bacille de Koch à travers le sang (propagation hématogène) à l'origine du mal de Pott ou d'une autre infection tuberculeuse (pulmonaire etc...).
   
 
 
     
 
 
    Physiopathologie  
La spondylodiscite tuberculeuse (mal de Pott) commence dans le corps vertébral adjacent à l'espace discal. L'aspect typique est celui de 2 vertèbres détruites et l'espace discal entre elles est rétréci par caséification. Ce terme utilisé par Vetter en 1803 désigne la destruction progressive qui frappe les tissus infectés par le bacille de Koch, à l'origine de la tuberculose. Le processus de transformation des tissus ainsi infectés, de coloration gris tirant sur le jaune et d'aspect plus ou moins compact ainsi que granuleux, ressemblant à du fromage de roquefort se met en place à ce moment-là.

Ce processus pathologique est différent de celui d'une métastase cancéreuse. Une métastase cancéreuse est un cancer secondaire se faisant à partir d'un cancer primaire sur un autre organe. C'est le cas entre autres du cancer de la prostate qui est susceptible de métastaser sur le tissu osseux et plus particulièrement les côtes. Le mal de Pott se différencie du cancer métastatique par le fait qu'il existe une atteinte des vertèbres en rétrécissement de l'espace contenant le disque. La déformation du rachis se développe progressivement et le plus souvent n'est pas perceptible à la radio dans la première phase de la maladie.
   
 
 
     
 
 
    Symptôme  
Douleurs apparaissant à n'importe quel étage du rachis et dont l'intensité va en augmentant. Cette douleur que l'on prend quelquefois pour un torticolis ou lumbago est exagérée par les efforts ou par une toux.
Quelquefois le patient présente des douleurs qui irradient dans la jambe (à type de sciatique).
On constate le plus souvent une asthénie (fatigue importante) associée ou pas à un amaigrissement et à une perte d'appétit.
Présence d'une hyperthermie (fièvre) légère comme celle que l'on rencontre dans une tuberculose.
À l'examen du patient on constate la présence d'une gibbosité (bosse) localisée.
Apparition d'abcès du squelette situés de chaque côté des vertèbres (abcès ossifluents) susceptibles de se développer assez loin de son point d'origine, ils sont mis en évidence par l'I.R.M.

   
 
 
     
 
 
    Examen complementaire  
La radiographie classique montre l'atteinte des disques intervertébraux (éclatement) ainsi que des vertèbres. Ces radiographies doivent être répétées quand les douleurs dorsales situées au niveau de la colonne vertébrale persistent ou empirent.
La réaction cutanée à la tuberculine est positive.
L'I.R.M. montre la destruction des corps des vertèbres et du disque situé entre deux vertèbres, ainsi que des vertèbres adjacentes. Quelquefois on constate également la présence d'un abcès qui s'étend vers le bas en coulant d'une vertèbre à l'autre (abcès ossifluent).

La biopsie de la colonne vertébrale correspondant au prélèvement d'un fragment de tissu atteint donne le diagnostic avec certitude. La biopsie peut également porter sur du tissu osseux et sur une membrane synoviale. La membrane synoviale étant la structure à l'origine de la fabrication du liquide synovial, liquide permettant le glissement des surfaces articulaires entre elles à l'intérieur même de l'articulation. À partir du prélèvement on procède à la mise en culture, puis à l'identification des germes qui peuvent être non seulement le bacille de Koch, mais aussi d'autres microbes : M. tuberculosis, Staphylococcus, Francisella tularensis, Brucella, Salmonella. 
   
 
 
     
 
 
    Evolution  
En l'absence de traitement l'évolution aboutit à des complications graves : écrasement des vertèbres et effondrement de la colonne vertébrale secondairement à une fragilisation du tissu osseux constituant cette vertèbre. Cet affaissement est à l'origine de la déformation (gibbosité) qui est permanente et définitive.
L’œdème situé de chaque côté des vertèbres (paravertébral) est quelquefois dû à la présence d'un abcès qui, quand il est négligé, peut être à l'origine de complications au niveau du muscle psoas et de la face antérieure (avant) de la cuisse.
On constate dans certains cas des complications de type neurologiques avec diffusion possible de l'infection par le bacille de Koch. Celles-ci sont secondaires à la compression de la moelle épinière due elle-même à la déformation de la colonne vertébrale et aux abcès. Il s'agit essentiellement d'une paralysie de type paraplégique, c'est-à-dire paralysie des membres inférieurs et des douleurs très violentes. Sans traitement l'infection cesse en plusieurs années (3 à 5 ans).
   
 
 
     
 
 
    Traitement  
Celui-ci est fonction du degré de destruction des tissus vertébraux et paravertébraux (situés autour de la vertèbre), ainsi que la compression de la moelle épinière même. Le traitement est également fonction de la présence ou pas d'un oedème au niveau de la colonne vertébrale.
Utilisation d'antibiotiques prescrits spécifiquement (traitement antituberculeux), rapidement et permettant la guérison.

Certaines équipes médicales préconisent l'immobilisation du rachis (colonne vertébrale) à l'aide d'un corset. Il est parfois nécessaire d'imposer un repos strict au lit pendant plusieurs mois.
Une intervention chirurgicale est quelquefois nécessaire, elle permet de cureter (grattage, nettoyage) les abcès ou de retirer la compression de la moelle épinière et au besoin de fixer un segment fragilisé par l'infection quand le traitement médical n'a pas donné les résultats escomptés. Cette situation est particulièrement envisagée quand l’œdème ne se réduit pas ou quand la douleur persiste. L’application de la colonne vertébrale en avant ou en arrière est obtenue à l'aide de greffe osseuse

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