septembre 17, 2005
Tuberculose
Le nombre actuel des malades atteints de tuberculose dans le monde serait d'environ 10 millions de personnes mais ce chiffre est sans doute en dessous de la vérité, les pays concernés étant pour les trois-quarts des pays du tiers-monde. L'infection par la tuberculose peut prendre différentes formes :
Soit elle envahit rapidement l'ensemble de l'organisme : on parle de granulie Soit elle reste localisée dans un tissu ou un organe où elle se développe suivant différents stades. C'est le cas entre autres de la tuberculose pulmonaire, du péritoine, des articulations, des ganglions, du tissu osseux, de la peau, des intestins, etc.
Il est intéressant de relever que dans les pays considérés comme développés, depuis plusieurs années, on assiste à une recrudescence ou pour le moins à une stagnation de la tuberculose sans doute secondaire à l'extension du sida mais également à la paupérisation croissante d'une partie de plus en plus importante de la population de ces pays.
L'homme joue l'ensemble un rôle dans la contamination et la mise en réserve des germes responsables de cette pathologie. En effet, seul un patient chez qui l'on a identifié le bacille de Koch est contagieux. L’identification de ce bacille se fait dans les crachats. Après trois semaines de traitement, il n’est plus contagieux.
La contamination (autrement dit la souillure par des germes pathogènes) se fait par l'intermédiaire des gouttelettes de salive qui contiennent le bacille pathogène et qui sont propulsées quand le malade éternue ou tousse par exemple.
Il existe deux autres types de tuberculose :
La tuberculose à mycobacterium africanum (qui s'observe en Afrique) est en tous points comparable à la tuberculose classique La tuberculose due à mycobactérie Mycobacterium bovis touche les bovins. Dans ce cas, la contamination se fait par voie digestive et spécifiquement par ingestion de lait non pasteurisé.
La maladie débute après un premier contact avec le bacille de Koch et la survenue d'une primo-infection se caractérisant par un petit foyer de tuberculose appelé le chancre de la tuberculose. Le plus souvent, celui-ci se développe dans les poumons de façon asymptomatique (sans que le patient ne ressente aucun signe, symptômes). Si, par hasard, on fait à ce patient le test cutané appelé test cutané à la tuberculine (intradermoréaction), celui-ci est positif, c'est-à-dire qu'il apparaît sur la peau du patient une petite papule (petite tache légèrement en relief). Le plus souvent, c'est-à-dire dans environ 90 % des cas, cette primo-infection guérit spontanément et définitivement en ne laissant aucune cicatrice si ce n'est qu'une trace sur les radiographies du thorax (poumons) qui se traduit par une petite calcification ou un ganglion de voisinage.
Dans certains cas (environ 5 %), le bacille de Koch va disséminer par l'intermédiaire de la voie sanguine et s'installer dans de nombreux foyers de l'organisme susceptibles de rester muets pendant une période (parfois plusieurs années) et de resurgir à l'occasion d'un déficit de la défense immunitaire de l'individu. C'est pour cette raison qu’en cas de maladie secondaire ayant un impact sur l'immunité de l'individu, telle que le sida entre autres, on assiste à une recrudescence des cas de tuberculose dans le monde.
Dans les cas les plus graves, on assiste à une lobite (appelée également pneumonie tuberculeuse) se caractérisant par une atteinte d'un seul lobe des poumons et se traduisant à la radio par des images de densité importante ainsi qu'une atteinte des ganglions voisins.
Symptômes
Toux plus ou moins grasse
Asthénie (fatigue)
Hyperthermie (fièvre) vespérale (du soir)
Perte de poids (amaigrissement)
Altération de l'état général
Sueurs nocturnes
Hémoptysie : émission par la bouche d’une certaine quantité de sang en provenance des voies respiratoires ou d’un organe voisin
Dyspnée (difficulté à respirer) à l'effort
Dans certains cas (rares), impossibilité de respirer appelée détresse respiratoire, qui nécessite l'apport d'oxygène.
Evolution
Le bacille de Koch est susceptible de disséminer et de s'installer dans les viscères et dans les membranes de recouvrement et de protection de ces viscères (plèvres). C'est ainsi que l'on rencontre des cas de :
Tuberculose miliaire : cette atteinte de l'appareil pulmonaire entraîne une altération importante de l'état général.
Pleurésie : celle-ci se traduit par un essoufflement et un épanchement pleural (collection de liquide entre les deux plèvres pulmonaires) à l'origine de douleurs dans le thorax
Péricardite tuberculeuse entraînant des douleurs thoraciques et un épanchement péricardique se constituant progressivement.
Tuberculose génito-urinaire à l'origine d'une hématurie (présence de sang dans les urines) et d’une leucocyturie (présence de globules blancs dans les urines)
Tuberculose des glandes surrénales
Tuberculose hématopoïétique : touchant le système sanguin dans son ensemble ainsi que les organes hématopoïétiques (rate, ganglions lymphatiques, moelle osseuse)
Tuberculose osseuse (appelée également mal de Pott) se traduisant par des douleurs osseuses du genou, du rachis ou des articulations.
Tuberculose méningée à l'origine de céphalées (maux de tête), de troubles de la vigilance (le sujet semble endormi)
Tuberculose digestive associant des douleurs de l'abdomen et des troubles du transit à type de diarrhée.
Le labo
Dans le meilleur des cas, il permet de mettre en évidence le bacille dans les liquides de l'organisme (urines, selles, liquide du péritoine, liquide céphalo-rachidien)
La mise en culture est nécessaire car l'examen direct grâce au microscope ne montre pas toujours le bacille de Koch. Les résultats de la culture ne sont obtenus qu'après un délai de 3 à 4 semaines.
Quelquefois, les prélèvements sont effectués par l'intermédiaire de la fibroscopie (à l'aide d’un fibroscope, qui est un tube souple muni d'un système optique que l'on introduit par les voies nasales).
La biopsie des bronches, des ganglions ou de l'os peut également apporter des renseignements sur la maladie.
Diagnostic
Dans quelques cas, les examens de laboratoire sont négatifs et le diagnostic est posé en sachant que le patient a été en contact avec une personne contagieuse, grâce aux radiographies ou au test tuberculinique.
Les examens complémentaires, et notamment la radiographie, mettent en évidence des opacités appelées nodules et des clartés appelées cavernes. Celles-ci sont localisées dans les parties supérieures et postérieures (arrière) des poumons.
Traitement
Le traitement nécessite l’association de 3 ou 4 antibiotiques antituberculeux qui sont :
La rifampicine (cet antibiotique est à l'origine de coloration orangée des urines, des selles et des larmes)
L’éthambutol
L'isoniazide
Le pyrazinamide
Ces antibiotiques sont pris en une seule fois le matin à jeun pendant une durée qu'il est nécessaire d'adapter à chaque malade (au minimum six mois).
Ces antibiotiques présentent néanmoins des effets secondaires et, en dehors de la rifampicine, il est nécessaire de surveiller par des examens sanguins répétés(dosage des transaminases entre autres), un risque de survenue d'hépatite médicamenteuse (inflammation du foie secondaire à ce médicament).
D'autre part, on a remarqué chez certains patients prenant ces médicaments des troubles de la vision des couleurs et une diminution de l'acuité visuelle. Ces effets secondaires doivent être pris au sérieux, en effet ils sont susceptibles d'être à l'origine d'une cécité.
Il faut signaler qu'une résistance aux antituberculeux précédemment cités est possible. Elle est de plus en plus fréquente, surtout chez les patients atteints par le syndrome de l'immunodéficience humaine (SIDA).
18:48 Publié dans _PNEUMO | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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